Réformons les études de pharmacie

pharmacie-schema-etudesTout d’abord je me présente : Thomas, pharmacien français expatrié au Québec, comparant le système pharmaceutique officinal français et québécois. Quand je vois tout ce que le pharmacien peut faire à l’étranger et ainsi être impliqué dans le soin aux patients (opinion pharmaceutique, suivi d’INR, suivi de diabétiques, refus de délivrance, etc) et que je compare avec la pratique française, le point initial qui empêche la bonne évolution selon moi est l’absence d’évolution majeure de nos études à la faculté.

Pourquoi réformer les études de pharmacie ? Parce qu’actuellement, le pharmacien ne pourra pas prétendre à un rôle plus clinique si sa formation n’est pas entièrement revue.

Il faut recentrer la formation sur la pharmacie clinique, tout en assurant de bonnes bases scientifiques et pharmaceutiques à tous les étudiants.
Il faut renforcer les stages, tout au long du cursus, et dans tous les milieux possibles. Il faut supprimer du cursus ce qui n’est pas en lien avec le métier quotidien du pharmacien (hydrologie, chimie analytique, etc.) et les mettre en option. Il est aberrant que le cours sur « mère et enfant à l’officine » soit proposé en option alors que les 18 heures de cours sur l’environnement et l’hydrologie sont obligatoires (notez aussi que le nom de l’option serait à revoir pour Grossesse, allaitement et soins pédiatriques à l’officine).

A-t-on besoin de connaitre le circuit de distribution de l’eau pour être un bon pharmacien, ou la pharmacothérapie appliquée à la femme enceinte ?  A-t-on besoin de faire un circuit électrique en travaux pratiques, ou d’avoir des travaux pratiques sur la réalisation du bon conseil au patient ? Les cours devraient être aussi donnés par des gens de terrain afin de ne pas être purement académiques : des pharmaciens d’officine, ou d’hôpital, des industriels. Ces intervenants extérieurs devraient être privilégiés dès que l’on parle de l’aspect pratique de la profession (pharmacie clinique par exemple).

Je propose donc une refonte du cheminement pour devenir pharmacien.
Bien sûr, il s’agit d’une ébauche, une idée. Je me doute bien qu’un tel programme ne serait pas applicable du jour au lendemain car il s’agirait de remettre en cause la structure hiérarchique de l’université telle qu’elle existe depuis longtemps. De façon schématique, on trouverait trois blocs divisés ainsi :

  • 1ère année : sciences fondamentales
  • 2e et 3e années : sciences pharmaceutiques fondamentales
  • 4e et 5e années : pharmacie appliquée
  • 6e année : choix de spécialisation avec officine (1 an), industrie (1 an) et pharmacie hospitalière (2 ans)
  • Possibilité de changer de voie en refaisant la 6e année de son choix, même après obtention du diplôme.

Pour plus de clarté, le tableau résumant le contenu pédagogique de chaque année est mis plus bas dans ce billet. 

A partir de quand faut-il autoriser un étudiant à pouvoir faire de la dispensation ? 
Seulement à partir de la 4e et 5e année , sous la supervision d’un pharmacien (qui doit valider toutes les ordonnances bien entendu). Pourquoi si tard ? Car l’objectif de cette refonte des études est d’assurer une dispensation de qualité. Malheureusement, on ne possède pas encore les connaissances suffisantes pour réaliser les conseils adéquats avant la 4e et 5e année du cursus car les matières réellement appliquées commencent seulement à ce moment.  Actuellement, il est possible de dispenser en officine dès la 3e année sous contrôle effectif (plus ou moins fait en pratique soyons honnête) ; sachant la formation actuelle en 1ere et 2e année, je ne vois pas en quoi est-ce une bonne idée (beaucoup de sciences fondamentales, peu de pharmacie). L’étudiant n’a pas assez de connaissance pour assurer une délivrance de qualité.

Premier changement drastique, la Biologie Médicale ne serait plus accessible aux pharmaciens.
Pourquoi ce choix ? Bien qu’historiquement accessible aux pharmaciens en France, je pense que cela ne devrait plus être le cas si l’on souhaite que le pharmacien devienne réellement le spécialiste du médicament. Tout d’abord, au cours des études, on note souvent une compétition entre les professeurs de biologie et de pharmacie, notamment à cause du « prestige » associé à la biologie. En pratique, parmi tous les étudiants qui doivent suivre des cours pour le diagnostic biologique, à observer des lames au microscope ou qui font pousser leurs cultures bactériennes, combien vont devenir biologiste ? A-t-on besoin en officine, à l’hôpital, ou dans l’industrie de savoir reconnaitre des dizaines de champignons au microscope ou de connaitre les spécifications morphologiques précises du plasmodium selon l’espèce ? La pharmacothérapie est un sujet suffisamment vaste pour que nos études s’y consacrent entièrement. De plus, l’accès à la biologie médicale permet à certains étudiants ayant échoué pour rentrer en médecine d’accéder à une spécialité médicale alors qu’ils « détestent les médicaments ».

Autre changement majeur, l’accès en pharmacie hospitalière ne se ferait plus sur un concours, mais sur l’évaluation du dossier et la motivation de l’étudiant. De plus, le cursus ne serait pas fermé. Tout pharmacien ayant son diplôme pourrait s’inscrire en pharmacie hospitalière, contrairement à la sélection fermée actuelle causée par l’internat.

Pour les personnes ayant d’autres diplômes
Il serait possible de mettre en place une passerelle accélérée et personnalisée en 2 ans. Par exemple, les professionnels de santé ne pourraient passer que des matières absentes de leur cursus, ou survolées (histoire de la pharmacie, place du pharmacien, production des médicaments, pharmacie clinique à suivre pour tous par exemple).

Voilà en gros mes idées de changement. A quand une formation qui prépare réellement à l’exercice professionnel, et pas une formation universitaire académique loin de la pratique réelle ? Des pharmaciens mieux formés pourront jouer leur rôle de professionnel de santé de façon bien plus efficace auprès des patients, ainsi qu’à une rémunération adéquate du service pharmaceutique. Et vous, quel est votre avis sur la formation actuelle ?

1ere année de Pharmacie – Sciences Fondamentales
Module Matières Description (et options possibles)
Chimie Chimie-Physique

Chimie Organique

Chimie Minérale

Bases de chimie nécessaires à comprendre les relations entre la structure et l’activité d’un médicament, pour la galénique, pour la réalisation de préparations magistrales…

Options : physique, mathématiques

Anatomie Anatomie

Histologie

Embryologie

Notions de physiologie

Biologie Biologie cellulaire

Biologie moléculaire

Biochimie

Génétique

Biologie des végétaux

Comprendre la biologie fondamentale à la compréhension du corps humain, et à la pharmacologie. La biologie végétale sera vue rapidement pour comprendre l’origine des principes actifs présents dans les médicaments à base de plante
Culture pharmaceutique Histoire de la pharmacie

Communication

La relation soignant/soigné

Santé publique

Système de santé

Comprendre la place du pharmacien dans le système de santé, et son rôle comme professionnel de santé. Définir l’importance des notions comme l’empathie, le consentement, le respect… dans le processus de soin. Connaitre le système de santé et les différents intervenants. Faire intervenir des patients pour illustrer.
Biostatistique Statistiques appliquées Avoir les bases de statistiques pour pouvoir comprendre les études scientifiques médicales dans la suite du cursus
Stage d’observation 1 semaine à l’hôpital + 1 semaine en officine + 1 semaine en industrie Illustrer au futur professionnel les différents choix possibles afin de commencer à l’aider à faire un choix pour la suite.
2e et 3e années de Pharmacie – Sciences Pharmaceutiques fondamentales

Option possible : master 1

Module Matières Description (et options possibles)
Fonctionnement du corps humain Physiologie

Hématologie

Immunologie

Endocrinologie

Travaux pratiques

Comprendre le fonctionnement du corps humain afin de bien comprendre les maladies et le fonctionnement des médicaments utilisés dans le soin.
Microbiologie Bactériologie

Virologie

Mycologie

Parasitologie

Travaux pratiques

Notions générales sur les micro-organismes, leur classification et leurs modes de développement. Montrer les liens entre eux et l’homme en situation normale et pathologique.
Origine des principes actifs Chimie thérapeutique

Pharmacognosie

Travaux pratiques

Notions sur les différents moyens d’accès aux principes actifs, sans passer tous les médicaments en détail (seront vu plus tard au sein d’enseignements par système)

Option : synthèse et identification chimique (cursus vers l’analyse pharmaceutique)

Pharmacologie fondamentale Pharmacologie moléculaire

Pharmacologie des neurotransmetteurs

Toxicologie

Travaux pratiques

Comprendre le mécanisme d’action des médicaments
Le médicament en officine ou en PUI Galénique (préparations magistrales)

L’officine

PUI et hôpital

Législation

Stages : officine + hôpital

Comprendre le médicament en officine et à l’hôpital en termes de préparation, contrôle qualité, distribution, législation.
Le médicament dans l’industrie R&D

Galénique

Production

Législation

Stages : industrie

Comprendre le médicament dans l’industrie termes de recherche et développement, de production, contrôle qualité, distribution, législation.
Recherche et développement du médicament – Cycle de vie Etudes précliniques

Etudes cliniques

Pharmacovigilance

Analyse d’article

Stages possibles

Comprendre le raisonnement du développement des médicaments avec les études précliniques (toxicologie, etc.) et les études cliniques (phases 1,2,3). Comprendre le fonctionnement de la pharmacovigilance. Comprendre et savoir interpréter des articles scientifiques.

Option : rédaction d’articles

Informatique et recherche documentaire Notions de base

Internet

Apprendre à utiliser l’outil informatique pour se documenter de façon rationnelle.
Le pharmacien et le patient Historique médicamenteux

Bilan comparatif

Education thérapeutique

Stages officine et hôpital

Jeux de rôle, intervention de patients
4e et 5e années de Pharmacie – Pharmacie appliquée
Module Description
Infectiologie Chaque module comprend les matières suivantes :

–       Rappels de physiologie

–       Notions de sémiologie

–       Chimie pharmaceutique (relation entre structure et activité)

–       Pharmacologie / Toxicologie

–       Pharmacie clinique / Education thérapeutique

–       « Particularités »

 

Stages : officine + hôpital (+ autres types de PUI) pour mettre en application ; au cours de ces stages, les étudiants devront présenter des dossiers de patient avec des interventions pharmaceutiques pour optimiser la thérapie et favoriser le suivi. Pendant ces deux années, les stages se dérouleraient le matin, et les cours l’après-midi. Les étudiants seraient divisés en groupe avec un calendrier de cours adaptés aux stages en cours de réalisation. Par exemple, les étudiants en stage de cardio suivraient les cours de cardio. Les stagiaires en officine devraient présenter des cas de patients suivis à l’officine, etc.

 

Remarques : selon les modules, des notions importantes seront précisées comme l’ajustement des doses en cas d’IRC en néphrologie, les médicaments en grossesse et allaitement en reproduction, la galénique appliquée pour la dermatologie, etc. C’est que j’appelle la « particularité ci-dessus ».

Cardiologie
Neurologie
Gastro-entérologie
Cancérologie
Dermatologie
Douleur – Rhumato
Endocrinologie
Psychiatrie
Transplantation
Néphrologie – Urologie
Reproduction
Pneumologie – ORL
Pédiatrie

Examen en fin de 5e année pour validation globale des connaissances, basés sur les travaux de stage, un contrôle continu au cours des études et un examen final.

6e année de pharmacie (Thèse de Docteur en Pharmacie) – Spécialisation

Option possible : master 2

Spécialité Matières Description (et options possibles)
Officine Gestion / Législation

Comptabilité

Marketing

Conseil OTC

Orthèse

Produits naturels

+ Stage (6 mois)

Comprendre les tâches spécifiques à l’officine, ainsi que les particularités de l’exercice avec notamment l’orthopédie, l’utilisation de produits naturels (phytothérapie, aromathérapie…).

Options : homéopathie, approfondissement en santé par les plantes

Industrie Marketing

R/D

Production

Etc.

Possibilité de coupler avec un master spécifique
Pharmacie hospitalière (en 2 ans)

 

Circuit à l’hôpital

Pharmacie clinique

Stérilisation

Rétrocession

Gestion / Législation

Stages : soit faire les cours en parallèle, soit faire 3 mois de cours et le reste en stages de 3 mois par domaine.

Pharmacie clinique adaptée aux patients présents à l’hôpital dans certains services spécifiques comme la réanimation ou en chirurgie.

Je tiens à remercier les relecteurs qui m’ont aidés et donnés leurs avis : @Pharmof, @PresqueRire, @marjo_lab, @ami89_pharma, @viraust, @rimaladouce et @LPharmacienne. Un remerciement spécial pour @HygieSuperBowl pour m’avoir permis de squatter son blog d’évaporé (dont je fais partie n’étant plus inscrit à l’ordre en France). Vous pouvez me suivre sur Twitter @tom_pharma et par mon blog plus spécifique à la pharmacie au Québec : http://pharmaciequebec.blogspot.ca/

 

 

 

 

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17 réflexions sur “Réformons les études de pharmacie

  1. PYD dit :

    Très bon programme qui a l’avantage d’être (presque?) réalisable.

    Je suis aussi diplômé de P11 et je sais que lors de la refonte du cursus, les stages intermédiaires en industrie avait été envisagés mais n’avais pas été mis en place parce que les industrie ne pouvais (/voulais) pas prendre en charges des stagiaires « improductifs » et surtout très nombreux.

    Le concept de stage court et précoce en industrie existe-t-il déjà dans certain pays ?

    Aimé par 1 personne

    • tompharma dit :

      Je ne connais pas trop la filière industrie à vrai dire. Je ne pense pas que cela existe bcp dans d’autres pays car la place du pharmacien en France dans l’industrie est un peu unique. Par exemple, au Québec, il y a peut être 1 ou 2 pharmaciens qui vont vers l’indus sur des promos de 200 étudiants. Ce sont des ingénieurs ou des gens formés dans d’autres domaines (marketing, sciences, etc) qui occupent le type de poste qu’ont les pharmaciens en France.

      Aimé par 1 personne

  2. Barnard dit :

    Au final, c’est plus un retour vers l’ancien système, avec les stages en plus et les possibilités de passerelles et réorientation mises en place depuis les expérimentations.

    Pour la biologie, je ne pense pas que la Fnsip et les internes soient ravis.

    Aimé par 1 personne

    • tompharma dit :

      Vous voulez dire avant la réforme actuelle ? Il manque toujours de la pharmacie clinique à tous les niveaux dès la FCB. Sur la biologie médicale, c’est mon avis personnel ^^. Evidemment je ne pense pas que les syndicats apprécieraient, mais je maintiens que les biologistes « prennent la place » de cours beaucoup plus axés médicaments, et soins pharmaceutiques.

      Aimé par 1 personne

  3. PharmaPUI dit :

    Les études de pharmacie nécessitent évidemment une réforme majeure pour évoluer avec leur temps. Je rejoins totalement tes propos sur les matières obsolètes enseignées dans les facs de pharma étant moi même sorti depuis quelques années. Il y aurait bien du ménage a faire au profit de matières réellement pharmaceutiques… Le Canada est aujourd’hui un exemple que nous devrions suivre si les pharmaciens voulaient effectivement changer leur image et être d’avantage reconnus. La société aurait tout de même besoin de temps pour accepter ce changement car nos cultures sont aussi différentes. Mais ce changement ne peut se faire que si nous apportons la preuve que nous avons une plus value. Il y a cependant des points sur lesquels je suis en total désaccord: la connaissance de la biologie médicale est un atout pour tout pharmacien car faire de la pharmacie clinique c’est aussi maîtriser les sciences biologiques. Tu dis qu’un pharmacien n’a pas vocation à faire autre chose que de la pharmaco, qu’en est il d’un médecin alors? Pour une réforme de l’internat, même si effectivement mon point de vue est peut être biaise, le champs d’évolution en PUI est bien plus large que ce que tu cites et ne se résume pas en 4 points. La concurrence est telle aujourd’hui a l’hôpital, que je me réjouis de la présence d’un concours! Le concours de l’internat est présent au même titre que le concours de P1… Trop de monde a vouloir y accéder, il faut sélectionner…
    Que dire de la chimie analytique, un exemple parmi tant d’autre mais tu le cites! A mon avis, ce serait triste de le faire sortir des études de pharmacie. Car un pharmacien est avant tout un chimiste, et ce champs de compétence est primordial et fait notre différence face aux médecins qui ne maîtrisent pas ce point mais qui en ont besoin pour poser un diagnostic. Pour une fois qu’ils peuvent avoir besoin de nous, gardons cette activité! Ok il s’agit de domaines bien précis de la pharmacie. Mais si on le sort, c’est fini.
    Enfin que dire des enseignants non pharmaceutiques. Bien évidemment, ils n’ont pas leur place pour enseigner des matières pharmaceutiques (oui on le voit dans certaines fac!), mais je ne vois pas en quoi ça pose un problème pour des matières fondamentales telle que la chimie qui est une des connaissances des pharmaciens mais pas leur cœur de métier.
    Pour conclure, je serai bien évidemment a 100% pour une réforme en profondeur des études pour actualiser les données a la réalité et s’intégrer au mieux avec les médecins, qui eux n’ont pas ratés ce train et évoluent avec leur temps….

    Aimé par 1 personne

    • tompharma dit :

      Bonjour,

      Tout d’abord merci d’avoir pris le temps de me lire. Je vais essayer de répondre à tous les points que vous avez soulevé.
      1. La biologie médicale hors de la pharmacie : oui la biologie médicale est un atout pour le pharmacien clinicien afin d’interpréter les résultats. Cependant, je ne suis pas certain qu’avoir passé des dizaines d’heures de travaux pratiques de bactério, viro, parasito, de lames au microscope d’hématologie, etc. soient indispensables pour le pharmacien d’officine ou hospitalier. Nos études durent 6 ans et il faut faire un choix ; ce temps devrait être consacré à des cas pratiques de pharmacie, des mises en situation avec des patients / professionnels de santé, etc.
      2. L’internat : j’ai été interne en pharmacie hospitalière. Je suis d’accord que le champs de la PUI est large (trop large ?). Par exemple, pourquoi est-ce qu’on a donné la stérilisation au pharmacien ? Est-ce qu’un ingénieur ou tout autre personne formée ne pourrait pas avoir le même rôle ? Au Québec, les dispositifs médicaux et la sté ne sont pas du domaine pharmaceutique. Les pharmaciens hospitaliers sont formés dans bcp de pays en 2 ans (14 mois au Québec). Et pourtant ils gèrent des essais cliniques, ils font des chimios, ils participent à des comités, etc. Ensuite le concours sous sa forme actuelle favorise le bachotage et les exercices d’enzymo, radioactivité, etc. Je suis d’accord pour une sélection, mais sur dossier et motivation. Il devrait être possible de retourner en pharmacie hospitalière après quelques années dans l’officine selon la motivation (places réservées par exemple). Le fonctionnement actuel de l’internat prive toute possibilité de reconversion.
      3. La chimie : non le pharmacien n’est plus avant tout un chimiste. Rien n’empêche de se spécialiser en pharmacien chimiste. Mais la majorité des étudiants n’auront plus jamais besoin des notions approfondies apprises à la fac. Je n’ai jamais eu à expliquer le spectre RMN de mon médicament à la pharmacie, ni son spectre UV. Oui il faut de bonnes bases de chimie, avoir des notions de relation structure-activité, mais je ne vois pas en quoi connaitre par coeur la synthèse chimique du glibenclamide fait de moi un bon pharmacien. Par contre, savoir expliquer à mon patient comment bien le prendre, ou pouvoir participer au choix d’un médicament conjointement avec le médecin sur des critères cliniques oui. Ce que je reproche justement au fonctionnement actuel de la FCB c’est qu’elle est trop approfondie sur certaines choses qui ne seront utilisés que par une minorité, alors que des enseignements devraient être donnés plus tôt (bonne dispensation, savoir conseiller le patient, la relation patient-pharmacien…). Et malheureusement, un ingénieur chimiste fera tout aussi bien (voir mieux).
      4. Enseignants non pharmaciens : bien entendu que dans les matières fondamentales, un spécialiste du domaine a bien plus sa place qu’un pharmacien. Je parle vraiment de pharmacie clinique appliquée ! (ça me fait toujours bien rire quand un chimiste m’explique en ED les effets indésirables d’un médicament quand il n’a jamais vu ce dit effet indésirable ou qu’il n’a aucune expérience auprès des patients).
      Le Canada (et le Québec) ont choisi de focaliser leurs 4 ans de formation en soins pharmaceutiques ; la biologie est apprise dans le cadre de l’interprétation des prises de sang en lien avec les médicaments. La chimie est un peu enseignée (pas suffisamment selon moi par contre) et l’étudiant qui sort de la fac est un professionnel de santé dont toutes les années d’études seront mises à profil par la suite.

      Aimé par 1 personne

  4. lapharmacienne dit :

    A reblogué ceci sur leblogdunepharmacienneet a ajouté:
    Un excellent article sur de possibles réformes du cursus de pharmacie et surtout des enseignements qui y sont proposés. Il a été écrit par Tom, le pharmacien français émigré au Québec dont je vous ai parlé dans le dernier article du blog. A lire absolument et n’hésitez pas à faire part de vos réactions en commentaires.

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  5. sandrine dit :

    Super article et j’adhère complètement! Etant moi même originaire de P11, je n’ai jamais compris l’intérêt des cours d’hydrologie. j’avais également l’impression que les cours de pharmaco étaient peu importants au vu de la durée des études alors que c’est notre coeur de métier. Le stage hospitalier et particulièrement dans les services cliniques est beaucoup trop long (dans mon cas 6 mois en PUI et 6 mois dans un service clinique). Un mois par service clinique serait à mon sens largement suffisant et permettrait de voir le plus gros des pathologies.

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