Lettre ouverte à la CAF

00594034-photo-logo-cafMadame, Monsieur Le Directeur de la CAF de l’Agence d’Issy les Moulineaux,

Nous faisons suite au courrier du 19 novembre 2012 que vous trouverez joint à cette lettre. Ce courrier, envoyé à notre adresse, nous demande de manière inattendue…notre adresse. La lettre nous indique qu’un courrier envoyé le 5 octobre 2012 à notre domicile d’avant septembre 2010 lui était revenu.

La situation pourrait prêter à sourire si elle n’était pas la suite d’une longue histoire d’amitié entre notre famille et la Caisse d’Allocations Familiales (CAF).

Ne nous attardons pas sur notre changement d’adresse en 2010. Heureusement, nous avons prévu une réexpédition postale pendant 1 an en plus de nos nombreux courriers.

Laissez nous plutôt vous narrer nos précédentes aventures depuis la naissance de notre seconde fille. La joie de la naissance va de pair avec les formalités administratives. Et pour vous annoncer notre joie d’être parents une seconde fois, nous vous transmettons dès la première semaine de vie une attestation de naissance accompagnée d’un courrier mentionnant notre adresse actuelle.

Le moment est à l’euphorie. Espérant en retour un petit mot gentil, un courrier de félicitation, soyons fou un bouquet de fleur à l’adresse de la maman pour la féliciter de son soutien à la démographie vigoureuse de notre pays, nous oublions déjà nos mésaventures postales avec la CAF.

Mais l’euphorie retombe avec le manque de sommeil des premiers mois. Nous commençons à nous inquiéter de l’absence de réponse de la CAF. Et notre réexpédition postale arrivant à échéance, nous craignons d’avoir manqué une étape administrative.

Nous tentons alors l’envoi d’une nouvelle attestation de naissance (toujours accompagné de son courrier avec adresse et n° d’allocataire). Une nouvelle fois, pas de réponse. Au bout de 2 mois, nous nous remettons en cause. Avons-nous la bonne adresse de la CAF ? Pourquoi ne nous répondent-t-ils pas ? Est-ce le délai normal pour obtenir le versement des allocations ?

Devant tant de questions, nous décidons d’explorer le web pour trouver nos réponses. Le plus logique nous semble de nous connecter sur le site de la CAF. Et là, nous faisons face à une nouvelle version de l’énigme du Sphinx (ou celle du Père Fouras si vous préférez).

Devant « l’espace allocataire », 3 périlleuses questions nous sont posées :

  • Code postal ? Ok, facile.
  • Numéro d’allocataire ? Sur la carte, un peu de recherche. Jusqu’ici tout va bien.
  • Code confidentiel ? Gnééééé ????Quoi ??? Quel code confidentiel ? Tellement confidentiel que nous ne le connaissons pas. Chérie, tu as reçu un code confidentiel ? On refait le tour des courriers reçus grâce à la réexpédition. Rien.

Nous essayons la formule magique : espace allocataire, ouvres toi. Toujours rien. Notre date de naissance au culot. Oups, plus que 2 essais. Il ne nous reste plus que l’amère solution : « Code confidentiel perdu » (qu’on n’a pas perdu puisqu’on ne l’a pas reçu ; c’est vexant tout de même). Allons, cliquons :

« La CAF vient de vous envoyer votre code confidentiel par courrier ».

C’est bien ça. Oui mais à quelle adresse ? Et le code confidentiel n’arrive pas, le code confidentiel se fait attendre… le code confidentiel s’est perdu ? Rhaaaaah. A tous les coups, la CAF nous a envoyé notre code confidentiel à notre ancienne adresse.

Penaud devant notre échec cybernétique, nous décidons de la jouer à l’ancienne. Le téléphone (cher à la minute comme autrefois).

Après 10 minutes d’attente, nous expliquons la situation à une gentille dame. Enfin une humaine. Et non. Juste une version humanisée du Sphinx électronique :

– Code postal (check), Numéro d’allocataire (check), code confidentiel ???

– Euh, nous vous appelons justement pour cela.

– Madame,Monsieur, je ne peux malheureusement pas vous aider si vous n’avez pas votre code confidentiel. Je n’ai pas accès au dossier. Je vous envoie le code confidentiel…par courrier.

Nos supplications ou autres tentatives de négociation resteront infructueuses :

– Ok par courrier, mais pouvez-vous prendre en compte notre adresse actuelle et ne pas l’envoyer à l’ancienne
– Non, je n’ai pas accès à votre dossier
– Vous n’avez pas accès à mon dossier mais vous pouvez m’envoyer mon code confidentiel !
– Oui, sur l’adresse dans notre base de donnée.
– Et pouvez-vous changer l’adresse dans la base de donnée ?
– Non, je n’ai pas accès à votre dossier.
– Mais c’est ubuesque Madame.
– Non, c’est la CAF.
– CAFka vous voulez dire ?
– Non, la CAF tout simplement. Si vous avez changé d’adresse, envoyez nous un courrier et il sera pris en compte sous 15 jours.
– Mais nous n’arrêtons pas d’envoyer des courriers depuis 2 ans. Pouvez-vous nous aider ?
– Je peux juste vous envoyer votre code confidentiel par courrier. Le souhaitez-vous ?
– Non, puisqu’il va être envoyé à l’ancienne adresse. Et si nous venons en agence ?
– Nous sommes ouvert le lundi au vendredi de 9h à 16h.
– A l’heure où nous travaillons. Bon, je vais me débrouiller.

Quelles sont nos options ? Le fax ? Retournons sur Internet chercher le numéro de fax. Notre recherche fut vaine. Mais là, bien caché, un formulaire de contact existe sur le site de la CAF à la rubrique « nous contacter ». Et miracle, la CAF y répond par courriel.

Nous exposons à nouveau cette situation si particulière. Devant le comique de situation (si, si, je vous assure nous en rions beaucoup dans les diners de famille), nous espérons qu’un charmant agent de la CAF sourira à son tour et résoudra ce problème d’adresse.

Manqué. En tout cas, lors de ce premier essai. En guise de réponse, nous recevons le courriel suivant :

« Votre CAF vous répond : Bien cordialement. »

Perplexe. Le code confidentiel est peut être noté à l’encre sympathique. On surligne le texte, on change la couleur de police ? On l’envoie sur une autre boite mail. Tu vois un message toi ? Ca doit être ton PC, tu as essayé sur Mac ?

Bon,on est très patient. Alors on réessaye. On copie/colle l’ancien message, la réponse énigmatique de la CAF et on demande si le code confidentiel c’est « bien » à moins que ce ne soit « cordialement » ?

Une semaine plus tard, nous recevons un courrier de la CAF dans notre boite aux lettres…si si NOTRE boite aux lettres. Imaginez le transport de joie. Dévorés par la curiosité, nous déchirons l’enveloppe et trouvons…un formulaire de demande d’indemnité au titre du congé parental.

Quel congé parental ? Chérie, finalement, tu veux prolonger ton congé maternité ?

Incompréhension.La CAF suggère-t-elle de prendre ce congé pour avoir enfin le temps de nous rendre en agence ? Ou alors que les mères doivent rester au foyer ? Rompus aux énigmes, nous parcourons le courrier à la recherche d’indice et découvrons en bas, à gauche, en petit, 4 caractères : le code confidentiel !

Eureka ! Nous ne remercierons jamais assez cet agent de la CAF compatissant qui sensible à notre situation a pris son courage à deux mains et a trouvé la parade administrative pour nous transmettre ce précieux code à notre bonne adresse.

Le jour même nous utilisons notre précieux sésame pour faire toutes les démarches possibles sur le site de la CAF.

Fin de l’histoire ? Avec ce courrier du 19 novembre 2012 et la suspension de nos allocations pendant 3 mois, nous avons malheureusement l’impression que la CAF veut nous forcer à écrire une mauvaise suite de ces aventures qui se terminaient si bien.

A la lecture de notre courrier, j’espère Madame, Monsieur, que vous aurez autant souri que nous et que vous saurez mettre un happy end à ce problème de correspondance.

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